Pendant un moment, l’atelier est resté silencieux.
La tablette graphique dans un tiroir, l'ordi éteint qui prenait la poussière.
Dehors, le monde continuait de tourner vite.
Trop vite parfois.
Puis il y a eu les aléas de la vie.
Sa brutalité.
Les jours qui déplacent tout sans prévenir.
Le face à face avec la maladie de mon épouse.
La fatigue.
Les nuits courtes.
Les inquiétudes silencieuses que l’on garde pour soi. Les allers retours incessants à l'hôpital, et perdre un peu de soi à chaque étape.
Dans ces moments-là, certaines choses perdent soudain toute importance.
On s’éloigne.
On disparaît un peu.
Pas par désintérêt.
Pas par abandon.
Simplement parce que la vie demande ailleurs toute votre présence, toute votre énergie, tout votre cœur.
Certaines personnes ne comprennent pas toujours ce détachement.
Ce silence.
Cette distance.
Mais il existe des combats invisibles qui occupent entièrement un homme.
Et malgré tout… il faut rester debout.
Alors parfois, au milieu de ce chaos discret, il reste une chose.
Mon opium à moi.
L’art.
Le bruit d’un crayon sur le papier du sketch book
Une lumière sur une carrosserie.
Un morceau de musique.
Quelques heures volées au réel.
Créer n’a jamais été une fuite.
C’est ce qui m’aide à tenir debout quand le reste vacille.
Relic Factory n’a jamais vraiment disparu.
L’atelier retenait simplement son souffle.
Et quelque part entre la douleur, la patience, les nuits blanches et la poussière sur l'ordi, le bureau…
quelques nouvelles pièces ont commencé à voir le jour.
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