Off the main road...
Pendant longtemps, ce blog a été avant tout un endroit de partage.
Un espace vivant ouvert en 2004, bien avant les réseaux modernes, à une époque où l’on publiait encore par passion plus que pour la visibilité. Durant toutes ces années, j’ai très peu montré mon propre travail. Quelques images parfois. Quelques fragments. Jamais vraiment plus. Peut-être par discrétion. Peut-être par doute aussi. Ou simplement parce que certaines créations restent longtemps dans l’ombre avant de trouver leur place. Puis la vie avance. Elle change les perspectives. Elle vous rappelle parfois avec brutalité ce qui compte réellement. Ces dernières années ont apporté leur lot d’épreuves, de fatigue, de silence et de remises en question. Le face à face avec la maladie de mon épouse a profondément déplacé beaucoup de choses en moi. Dans ces moments-là, on apprend vite que le temps devient précieux, fragile, et qu’il ne faut plus toujours attendre “le bon moment”. Alors aujourd’hui, ce blog prend une nouvelle direction. Pas pour jouer un rôle. Pas pour courir après une image. Mais simplement pour assumer enfin une partie de ce que je crée depuis des années. Le dessin. La peinture. Les lignes. Les matières. Les lumières. Les automobiles. Les objets. Les univers visuels. Tout ce qui nourrit silencieusement mon regard depuis toujours. Relic Factory et Relic Noir ne sont pas seulement des noms ou des esthétiques. Ce sont des fragments de mon univers. Une manière de transformer les émotions, les souvenirs, les passions et parfois même les périodes les plus difficiles en images. Avec le temps, j’ai compris que le talent ne se résume pas à savoir dessiner correctement ou produire une image propre. Le vrai travail consiste peut-être surtout à développer un regard. Apprendre à ressentir les proportions. Laisser respirer une image. Trouver une lumière juste. Créer quelque chose qui possède une âme et une présence. C’est probablement ce que je cherche depuis toutes ces années sans vraiment le formuler. Alors ce blog continuera d’être un atelier vivant. Un endroit imparfait, humain, parfois silencieux, parfois plus personnel. Mais désormais, il deviendra aussi la vitrine de mon travail, de mes recherches visuelles, de mes créations et de cette passion qui continue malgré tout à me maintenir debout. Parce qu’au fond, créer n’a jamais été une façon de fuir la réalité. C’est une façon de continuer à avancer à travers elle.
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